
Tout vient à point à qui sait attendre ! Cette maxime, les agents des SPANC et les professionnels de l’assainissement non collectif la connaissent bien, pour avoir attendu presque trois ans la parution des nouveaux arrêtés relatifs à l’assainissement non collectif.
Finalement, à la faveur des premiers jours d’octobre (le 9 pour être précis), trois arrêtés datés du 7 septembre 2009 ont été publiés au journal officiel. Ces textes viennent abroger et remplacer les arrêtés du 6 mai 1996 qui étaient désormais inadaptés aux dispositions introduites par LEMA en matière d’assainissement non collectif. Ils fixent respectivement : les prescriptions techniques applicables aux installations d’ANC, les modalités de contrôle de ces installations et la procédure d’agrément des vidangeurs.
La première analyse de ces textes laisse au lecteur une impression plutôt favorable, le sentiment d’obtenir un certain nombre de réponses aux questions jusqu’alors laissées en suspend par les textes précédents. Il ainsi fort appréciable de disposer d’un cavenas précis des points à contrôler, de pourvoir déterminer avec précision dans quels cas procéder à un contrôle périodique ou à une vérification de conception et d’exécution, ou encore de savoir qu’une contre visite doit être réalisée après réalisation de travaux inscrits dans le rapport de visite et avant remblaiement !
Mais cette impression positive ne résiste pas à une lecture plus approfondie des textes (et notamment de l’arrêté relatif au contrôle des systèmes d’ANC) car de nouvelles questions délicates à trancher apparaissent alors.
On peut ainsi s’interroger sur la véritable nature de la mission exercée par la commune lorsqu’elle contrôle des installations d’assainissement non collectif ?
Devant désormais vérifier que les installations d’ANC ne portent pas atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, les SPANC exercent-ils toujours une mission relevant d’un service public industriel et commercial ou des pouvoirs de police du maire ?
On peut également s’interroger sur les modalités pratiques de la vérification de la conformité réglementaire prévue dans le cadre du diagnostic de bon fonctionnement et de la vérification de conception et d’exécution.
Pour mener à bien cette mission, les agents des SPANC devront désormais être bien outillés : disposer d’outils permettant d’identifier avec certitude la date de réalisation ou de réhabilitation de l’installation à contrôler, posséder un recueil de tous les textes relatifs à l’ANC pour s’y référer en fonction de l’âge de l’installation, développer une véritable expertise juridique !
Au-delà de ces questions, un problème de fond reste posé : l’articulation du contrôle de conception des dispositifs d’ANC et l’instruction du permis de construire !
Gageons que la réforme de l’assainissement non collectif n’a pas fini de faire couler de l’encre !
Vous pouvez poser vos questions sur cette page et également consulter mes deux articles sur le thème de la réforme du droit applicable à l’assainissement collectif :
Les nouveautés de la réglementation de l’assainissement non collectif (1ère partie : le contrôle)